Trois types de risques politiques et leur gestion

23 août 2018 - Balises : Exportation

Cet article de blogue vous est présenté par Exportation et développement Canada (EDC), l'organisme de crédit à l'exportation du Canada qui offre des solutions d'assurance et de financement, ainsi que des produits de cautionnement pour appuyer l'expansion des entreprises canadiennes sur les marchés internationaux.

Dans le meilleur des cas, le commerce international peut être une activité risquée, même sur les marchés les plus développés. L'incertitude entourant le Brexit et l'isolationnisme économique croissant aux États-Unis en sont deux exemples d'actualité. Cependant, les exportateurs canadiens doivent être extrêmement vigilants lorsqu'ils s'aventurent sur des marchés émergents où le risque politique peut être difficile à discerner et à gérer.

Au cours des dernières années, le défi a pris de l'ampleur compte tenu de l'augmentation des échanges commerciaux entre le Canada et de nombreux marchés émergents. On estime que les exportations totales de marchandises du Canada vers les marchés émergents pourraient passer d'à peine 13 % en 2017 à 31 % d'ici 2025.

Bien que le risque politique soit inévitable sur les marchés étrangers, souvent, le jeu en vaut la chandelle. Ces marchés émergents sont en passe de devenir de grands centres de consommation offrant des débouchés intéressants aux entreprises canadiennes.

Types courants de risques politiques

Pour mieux comprendre l'incidence que certains risques politiques peuvent avoir sur votre entreprise, examinons trois types courants de risques, accompagnés d'exemples concrets.

Expropriation et ingérence de l'État

Sans motif apparent ou sans justification, il arrive que des États étrangers saisissent ou confisquent l'investissement d'une entreprise, ou autrement l'exproprient. Ils peuvent même adopter une série de mesures qui ont un effet d'expropriation. Dans un cas comme dans l'autre, une entreprise pourrait perdre des investissements ou des actifs à l'étranger.

Exemple concret : À la suite d'une tentative de coup d'État en 2016, l'État turc a ciblé les entreprises nationales associées au mouvement Gülen, qu'il prétend être à l'origine de ladite tentative. Les mesures adoptées comprenaient l'imposition arbitraire d'exigences réglementaires allant jusqu'à l'expropriation pure et simple. Elles ont eu des répercussions sur les entreprises canadiennes, lesquelles ont dû, en contrepartie, redoubler de prudence dans leurs activités commerciales avec des entreprises turques en cherchant à connaître leurs liens avec le gouvernement.

Non-transfert et non-conversion

Pendant une crise économique, les États étrangers ou les banques centrales peuvent décider d'imposer des restrictions ou des interdictions à la conversion de la monnaie locale en devise forte ou d'empêcher de sortir la devise forte du pays.

Exemple concret : L'État nigérian, pour composer avec la contraction des cours du pétrole et, par conséquent, la réduction des réserves en devises, a entrepris en 2015 d'imposer des contrôles des mouvements de capitaux et a empêché les importateurs nigérians d'obtenir des devises par l'entremise du système bancaire. Donc, en 2016, les entreprises nigérianes se sont trouvées incapables de payer les fournisseurs canadiens en temps opportun.

Violence politique

Le terrorisme politique, les guerres, les désordres civils ou d'autres formes de violence politique peuvent endommager ou détruire les biens d'une entreprise et l'empêcher de mener ses activités essentielles au commerce.

Exemple concret : À compter de septembre 2017, des violences ont éclaté dans certaines régions de l'Éthiopie, alors que certains groupes ethniques ont manifesté contre la discrimination de l'État. Après des mois de confrontations entre les forces de l'ordre et les manifestants, le pays a dû déclarer plusieurs situations d'urgence. Certaines entreprises étrangères, perçues comme bénéficiant des faveurs de l'État, ont été la cible des manifestants. Pour les entreprises canadiennes, l'une des leçons à retenir est l'importance de travailler avec les collectivités locales et pas seulement avec le gouvernement.

Préparation et protection contre les risques politiques

Les répercussions de l'un ou l'autre de ces événements sur les activités d'un exportateur canadien sont rarement isolées ou de courte durée. Elles créent une onde de choc sur l'ensemble de l'entreprise, ce qui augmente d'autres types de risques et peut atteindre le Canada.

Comment les exportateurs canadiens peuvent-ils se préparer à ce qui pourrait être des risques politiques soudains et imprévus?

Les contrôles préalables, la recherche continue et l'analyse des risques politiques sont peut-être les éléments fondamentaux les plus importants de toute stratégie commerciale sur les marchés émergents. N'hésitez pas à communiquer avec EDC et le Service des délégués commerciaux du Canada qui ont des experts sur le terrain sur la plupart des marchés émergents.

Envisagez de diversifier vos investissements à l'étranger afin que tous les risques auxquels vous vous exposez ne soient pas concentrés sur un ou deux seuls marchés émergents. Adoptez une stratégie claire et à jour d'atténuation des risques politiques fondée sur les « scénarios » de votre marché. Prévoyez comment réagir à un éventail de risques.

Si possible, faites participer les principales parties intéressées externes à l'atténuation des risques politiques. Informez les clients, les fournisseurs et les agents de vos plans d'urgence pour faire face aux risques politiques imprévus et, s'il y a lieu, coordonnez votre intervention face au risque.

Le rétablissement après un événement politique défavorable sera probablement plus rapide et plus facile si vous vous y préparez et coordonnez l'intervention avec vos principales parties intéressées.

Assurance risques politiques

Il est également essentiel d'avoir une bonne assurance risques politiques pour protéger votre entreprise ou votre investissement contre les imprévus. EDC offre une gamme complète de solutions d'assurance pour aider à protéger les exportateurs et les investisseurs canadiens contre certains types de risques politiques.

Le commerce sur les marchés émergents peut être intimidant, mais les risques n'ont pas à être déraisonnables. En effet, il est possible de mettre en place dès le départ les bonnes stratégies de planification et d'atténuation des risques.

 

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